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Soul Food au temps du Corona

Updated: May 19

Comme on peut l’imaginer, pour une organisation dont le but principal est d’exposer des jeunes migrants à l’art et à la culture dans tout Paris, cette période de confinement a complètement changé notre façon de fonctionner et notre travail. En l'espace de 24 heures, plusieurs réunions pour des projets à venir, des excursions culturelles et des engagements professionnels pour les jeunes membres qui participent à notre programme de développement professionnel ont été annulés. Peu de temps après, il était très clair que nous n'allions pas simplement faire une pause dans le travail de Soul Food, mais que nous devions nous adapter et changer complètement nos priorités. Depuis, nous sommes en mode “urgence”.

Tout d'abord, nous avons commencé avec les bases. Nous avons envoyé des messages aux 90 jeunes membres de Soul Food pour prendre de leurs nouvelles et pour leur faire savoir qu'ils pouvaient nous contacter s'ils avaient besoin de quoique ce soit. Nous leur avons envoyé des informations sur la façon de se protéger et de protéger les autres (se laver les mains et rester à la maison autant que possible !). Nous leur avons demandé de faire attention lorsqu'ils vont faire des courses, car nous avions déjà pu observer que les gens qui paniquaient achetaient généralement tous les aliments abordables comme le riz et les pâtes. Nous avons expliqué les règles de sortie et dans un message séparé leur avons envoyé l’attestation de déplacement obligatoire que le gouvernement français a imposé à tout le monde à chaque sortie, sans trop réfléchir aux personnes qui ne parlent pas couramment le français ou qui n'ont pas de papier ou encore moins d’imprimante à disposition. Nous avons envoyé une version simplifiée, pour nous assurer qu'ils l'ont bien comprise, et avons traduit la version simplifiée en anglais pour les anglophones. Lorsque la version du smartphone est devenue disponible, nous avons envoyé un autre message avec le lien. Nous leur avons dit de veiller à respecter scrupuleusement ces règles car des informations ont fait état de profilage racial (délit de faciès) par la police et de mauvais traitements infligés aux minorités. Nous leur avons également dit de nous appeler s'ils rencontraient des problèmes de cette nature. Nous les avons encouragés à communiquer avec leurs amis, leurs familles et nous, et avons expliqué l'importance de ne pas rester trop isolés, même si nous devons tous rester à la maison pour des raisons de sécurité. Nous leur avons demandé de nous envoyer leur adresse e-mail s'ils souhaitent recevoir des ressources culturelles et éducatives en ligne. Nous leur avons dit de nous dire s'ils se sentaient malades. Nous leur avons dit de nous dire s'ils avaient besoin de quoi que ce soit. Chaque fois que de nouvelles règles importantes ont été annoncées, nous avons envoyé des messages aux 90 membres.

Après l'envoi de ces premiers messages, nous avons pu créer une liste de jeunes migrants vulnérables que nous appelons régulièrement. Il s'agit notamment des jeunes qui ont répondu à nos messages, demandé de l'aide pour des choses comme trouver de la nourriture, ou qui ont eu des problèmes médicaux. Parfois, nous devons expliquer des choses comme la quantité de doliprane qu’ils sont en droit de réclamer chaque jour en situation de rationnement, ou comment utiliser un thermomètre.


Chaque semaine en cette période de confinement a apporté de nouveaux défis.

Certains ont été aussi dévastateurs qu'un jeune membre sans abri du jour au lendemain ; se réveiller en apprenant qu'une jeune fille est sans abri n'est jamais une nouvelle facile à appréhender. D’autres défis plus « normaux » auront consisté à essayer de trouver de nouvelles façons de motiver un jeune membre (adolescent) à « utiliser ce temps à bon escient » (nous essayons de maintenir un bon équilibre entre « faîtes comme vous pouvez pour traverser cette période folle, effrayante et difficile » et les encourager à être suffisamment productifs pour ne pas prendre trop de retard puisque malheureusement, ils n'ont pas le luxe de le faire).


Photo © Soul Food / Kryssandra Heslop

Soul Food confiné


En plus de soutenir activement nos jeunes membres, nous sommes restés très occupés avec les campagnes de plaidoyer, la recherche, la planification stratégique de l'organisation, les mises à jour du site Web et la création de notre blog. Nous avons également réagi à la pandémie en aidant les jeunes migrants qui ne font pas partie de Soul Food et en mettant en lumière sûr des d'autres personnes qui travaillent jour et nuit pour aider les personnes vulnérables dans des communautés du monde entier. Cela a été difficile mais gratifiant, et il a parfois été agréable d'avoir plus de temps pour réfléchir et évaluer la meilleure façon d'aider les jeunes migrants à l’avenir. Plus que jamais, nous nous efforçons de nous diriger avec l'humanité.


La culture depuis la maison !


Chaque semaine, nous envoyons des e-mails aux je unes membres avec des liens vers diverses visites de musées virtuelles, des ressources d'apprentissage des langues (anglais et français) et des expositions. Au cours des dernières semaines, nous avons ajouté des jeux de géographie et des exercices de mathématiques. Nous incluons également la musique autant que possible et essayons de garder les choses diverses, utiles et intéressantes.

Environ un mois après le confinement, nous avons été contactés par des bénévoles qui voulaient aider. On appelle quelques jeunes membres de notre club d'anglais chaque semaine pour suivre des cours d'anglais conversationnel par téléphone. Un autre tuteur deux apprentis de notre programme de développement professionnel en mathématiques. Nous avons également commencé à travailler avec l'artiste Cécile Bouffard, qui a proposé de faire des ateliers d'art avec nos jeunes membres. Ils communiquent par e-mail et elle les aide à utiliser les ressources limitées dont ils disposent pour utiliser leur imagination et créer à domicile. Même si le déconfinement a commencé en France, nos jeunes membres ne pourront pas aller à l'école de sitôt, et on ne sait pas encore quand nous pourrons reprendre normalement nos activités normales (peut-être pas avant septembre) donc nous cherchons déjà des façons de poursuivre ce type d’initiatives au cours de l’été.

Plusieurs fois, nous avons été témoins du pouvoir de l’art et de la culture pour rapprocher les sociétés et aider les gens à s’exprimer. La situation étrange et dévastatrice dans laquelle nous nous trouvons actuellement mérite des solutions créatives pour faire savoir au plus grand nombre que nous ne sommes pas seuls à être confinés. Nous sommes tous connectés.

Chez Soul Food, 99% de nos activités se déroulent en personne, dans des lieux publics. C'est l'un des avantages de vivre dans une ville comme Paris, où tout le monde dispose de l'art et de la culture à portée de main. Cependant, même si cela n'est pas possible actuellement, nous refusons de cesser de croire en ce pouvoir. Nous refusons d'arrêter de nourrir nos âmes et d'encourager les autres à faire de même. Nous avons beaucoup appris des jeunes courageux avec qui nous travaillons et, comme ils l’ont fait à plusieurs reprises auparavant, nous résisterons à cette tempête. Ensemble, la famille Soul Food est forte et grâce à la créativité, nous l'emporterons.

#SoulFoodForMigrantYouth

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